Le choix des pros de décembre 2025

Montagne et vins : deux lieux d’exception à découvrir cet hiver

Texte: Anick Goumaz, Photos: photoval.ch, m.à.d.

Pour skier, faire de la raquette ou simplement pour profiter de l’ambiance de la montagne enneigée, nous serons plusieurs à nous diriger vers les Alpes dès les premiers frimas de l’hiver. Situées en station, voici deux bonnes adresses connues pour leur carte des vins.

Refuge de Solalex

Chaleur, authenticité et tradition représentent généralement les éléments attendus d’un gîte de montagne. Au Refuge de Solalex, Joelle et Martin Deburaux ont décidé d’aller plus loin et la rencontre avec Séraphin Dufour, le directeur opérationnel qui partage leurs valeurs, a permis de concrétiser cette vision. Dans une carte des vins très alléchante, on retrouve aussi la propre cuvée du restaurant. «Joelle et Martin ont acheté une vigne de 1200 m2 entre Ollon et Bex», explique Séraphin Dufour. «Elle est travaillée en collaboration avec Emile et Laurine Blum, du Domaine La Combaz.» Un Chasselas et un Charmont avec une belle étiquette au nom du refuge sont issus de cette parcelle. Afin de montrer les coulisses de ces cuvées et de faire vivre une expérience à la clientèle, le trio s’est associé au guide épicurien Emmanuel Estoppey qui accompagne les participants de la vigne à l’alpage, en passant bien sûr par le restaurant. Cette offre originale s’est vue récompensée d’un prix au concours Best of Wine Tourism. Mais l’heure est plutôt aux sports d’hiver qu’aux balades dans les vignes. Après la pause d’entre-saison, le refuge rouvrira le 20 décembre, jusqu’à fin mars. Grâce à un service de motoneige, il reste accessible même le soir. En attendant de retrouver ses clients, Séraphin en profite pour visiter des domaines viticoles de la région.

«100 vins à 1500 mètres d’altitude, c’est rare!»

Né en Haute-Savoie, il entretient sa passion pour les vins alpins. «Ce qui me plaît, c’est l’histoire autour du terroir alpin, qui relie le Valais, le canton de Vaud, jusqu’à Aoste. Tous ces territoires faisaient partie de la Savoie et les cépages ont voyagé d’un bout à l’autre. Les crus d’Aoste restent méconnus alors qu’ils sont cultivés près de chez nous.» Lorsqu’il repense la carte des vins, quelques années après son arrivée, le Savoyard choisit de ne pas passer par des revendeurs, mais de privilégier le contact direct. «Nous aimons les petits domaines, même si nous remarquons également que la clientèle a ses chouchous, par exemple le Coteau de Verschiez de Bernard Cavé ou Aigles Les Murailles. » Pour découvrir la sélection du Refuge de Solalex, il suffit de réserver une table ou de patienter jusqu’à la réouverture en mai de l’épicerie et vinothèque «le Comptoir de Solalex».


Le choix du vin

Chasselas 2024

Domaine de la Croix, Bursins, La Côte AOC

Nous sommes partis de l’autre côté du canton pour aller chercher ce cru d’Yvan Parmelin. Professeur à l’école de Changins, ce vigneron est en avance sur son temps. Il propose ici un magnifique Chasselas en viticulture biologique et biodynamique. Minéral et avec du corps, je le trouve très différent des Chasselas du Chablais.

domainedelacroix.ch

Solalex Charmont 2024

Émile Blum, Ollon, Chablais AOC

Créé il y a quarante ans, le Charmont est en croisement entre le Chasselas et le Chardonnay. Je trouve son profil plus proche du Chardonnay. Il s’agit de la cuvée du refuge, issue de la vigne de 120 m² appartenant aux propriétaires et vinifiée par Émile Blum. Il présente beaucoup de fraîcheur, de minéralité et de longueur.

refuge-solalex.ch

Divico 2023

Chantal Ritter Cochand, Le Landeron, Vin de Pays des Trois-Lacs

Le canton de Neuchâtel produit parmi les meilleurs Divico. Celui-ci allie puissance aromatique sur les fruits mûrs, rondeur et buvabilité. C’est un vin racé. Nous le proposons volontiers pendant la période de la chasse, mais aussi avec notre rosbif fumé maison ou avec le fromage, car il n’est pas trop tannique.

vinsrittercochand.ch

La Promenade

Au cœur de la station de montagne d’Ovronnaz, sur la commune de Leytron, le restaurant La Promenade est une institution, surtout pour les locaux qui l’ont rebaptisé «Chez Micky», du surnom de celui qui l’a fondé, en 1961. Depuis, l’établissement est resté aux mains de la famille Luisier. Diplômée de l’École Hôtelière de Lausanne en 2014, Cécile travaille dorénavant à Ovronnaz, avec ses parents, Christian et Florence.

«Les vignerons sont devenus des copains.»

«Nous avons décidé assez naturellement de la répartition des tâches. J’ai commencé par m’occuper de la comptabilité, des ressources humaines, des menus et, petit à petit, des vins. Mais mon papa chapeaute toujours notre sélection. Nous ne passons pas par des revendeurs. Le contact direct, c’est important. Au fil du temps, les vignerons sont devenus des copains.» En plus de La Promenade, la famille Luisier gère depuis 2018 La Loutze, une buvette d’alpage appartenant à la bourgeoisie de Chamoson. Cécile s’y implique de plus en plus. «J’ai toujours eu une sensibilité pour la restauration, sans que mes parents ne me poussent dans cette voie. J’ai voulu faire l’EHL parce que ça me permettait d’acquérir une vision globale du management, dans la restauration, mais pas seulement.» Son diplôme en poche, la jeune femme se tourne d’ailleurs d’abord vers l’horlogerie, auprès de la marque TAG Heuer, à La Chaux-de-Fonds. Elle revient ensuite à Ovronnaz et gère un bar avant de rejoindre ses parents. Le vin entre petit à petit dans sa vie. «À l’EHL, je trouvais les dégustations compliquées. Je me souviens d’un prof qui nous parlait d’un vin en disant qu’il sentait la fraise des bois écrasée. Je me demandais d’où il sortait ça! Ma première émotion sensorielle grâce à un vin a eu lieu dans un restaurant vaudois où j’ai dégusté un Chasselas servi à la température idéale. C’était minéral, sans trop d’acidité. Par contre, avec le fromage, je préfère le rouge et ça me vaut de longues discussions avec mon oncle, Claude Luisier.» L’affineur est en effet connu pour ses discours passionnés sur les accords avec les fromages, diffusés sur les réseaux sociaux. Sous toutes leurs formes, fromages, gastronomie et vins font vraiment partie de l’ADN de la famille Luisier!


Le choix du vin

Humagne Rouge

Gilbert Devayes, Leytron, Valais AOC

L’Humagne Rouge est un cépage emblématique de la commune de Leytron. Il est élégant avec des arômes de fruits rouges prononcés. Nous le proposons régulièrement avec les mets de chasse, mais il s’accorde avec presque toutes les viandes rouges. Nous sommes amis de longue date avec la famille Devayes.

gilbertdevayes.ch

Bombonera Excelsus 2023

Sélection Excelsus, Chamoson, Valais AOC

Bombonera Excelsus est un assemblage peu commun de Pinot Noir et d’Ancellota. C’est un vin très fruité avec un côté tannique, ce qui le rend polyvalent pour accompagner à la fois l’apéritif et le repas. Je l’apprécie notamment avec du fromage et du pain au levain. Et puis, Renaud Favre est aussi très proche de la famille.

seletionexcelsus.ch

Brez Grand Cru 2024

Domaine La Colombe, Féchy, La Côte AOC

Pour le blanc, je m’éloigne un peu, parce que j’apprécie particulièrement les Chasselas vaudois. J’aime leur fraîcheur qui les rend si agréables à l’apéritif. Minéral, dynamique et droit, membre de la Mémoire des Vins Suisses, Brez Grand Cru est l’une des références emblématiques de Laura Paccot, avec qui j’ai fait mes études à l’EHL.

lacolombe.ch