Appellations régionales de Bourgogne

Kyrielle de Bourgogne abordables

Texte et dégustation: Barbara Schroeder et Rolf Bichsel, Photos: VINUM

Ce n’est un secret pour personne: chers et très recherchés, les grands Bourgogne sont presque toujours inaccessibles. Les amateurs peuvent trouver d’excellents vins de substitution à des prix abordables dans les «appellations régionales», d’anciennes régions viticoles qui refont parler d’elles depuis quelques décennies.

«Les régions viticoles ne s’arrêtent pas aux frontières géopolitiques.»

Barbara Schroeder journaliste spécialisé

Les vins rouges et blancs des Hautes Côtes, de la Côte Chalonnaise, de la Côte d’Or ou de la région d’Auxerre sont très sapides: ces vins sans fioriture à la fois frais et juteux sont souvent prêts à être bus dès l’âge de deux ou trois ans. A chaque dégustation, nous découvrons de nouvelles pépites. De plus, la diversité de ces vins stimule et renouvelle sans cesse notre intérêt. Il peut s’agir d’un assemblage de plusieurs parcelles, tel que proposé par de nombreuses maisons, avec la garantie d’un vin de qualité propre aux grandes marques, d’un vin d’une coopérative ou d’un vigneron indépendant, qui pourrait être issu d’un véritable climat ou, pourquoi pas, d’un clos. Ils sont élevés en cuve afin de préserver leur fruité et leur fraîcheur ou en barrique – ou plutôt dans des pièces – pour leur apporter un raffinement élégant et de la complexité aromatique. Même dans des régions méconnues comme Chitry, les Côtes du Couchois, Coulanges-la-Vineuse ou Épineuil, on rencontre de grands vins que l’on peut s’offrir sans avoir mauvaise conscience ni redouter le passage à la caisse. Les Bourgogne d’appellations régionales sont disponibles dès cinq euros et dépassent rarement la vingtaine d’euros. La seule chose qu’il leur manque par rapport aux vins des régions plus connues: une renommée internationale . Si vous accordez moins d’importance au nom (ou au prix) figurant sur l’étiquette qu’au contenu rencontré dans la bouteille, vous trouverez ici votre bonheur.

La France est-elle compliquée, le vin français plus encore et la Bourgogne tout simplement incompréhensible? Mais est-ce vraiment le cas? J’ai posé cette question quelque peu iconoclaste à deux spécialistes qui devraient pouvoir nous éclairer: Guillaume Willette, directeur de toutes les appellations régionales de Bourgogne et Guy Sarrazin, président de l’AOC Bourgogne Côte Chalonnaise. 

Conclusion: si l’on prend le temps de réfléchir à la question, tout est parfaitement clair et logique. Commençons par le principe: à l’origine se trouve la grande région viticole (Bourgogne), suivie des zones géographiques et des vins qui respectent certaines règles de production, comme les vins effervescents par exemple (Crémant). Ces zones géographiques étendues renferment à leur tour des entités plus petites. Chaque zone peut comprendre des parcelles précises, la plus petite unité étant baptisée «climat» en Bourgogne. Les meilleurs terroirs sont «classés» Premiers ou Grands Crus et ainsi reconnus officiellement. Les Grands Crus de la Côte d’Or (Bonnes Mares, Montrachet, etc.) sont même des appellations indépendantes. 

Les régions viticoles ne s’arrêtent pas aux frontières géopolitiques. L’appellation régionale Bourgogne Côte d’Or, par exemple, ne se limite pas au département éponyme. Les régions d’origine font référence à des coutumes et des pratiques, ainsi qu’à des entités culturelles ou naturelles comme le terroir et le climat, et non à des structures politiques et un même nom peut renvoyer à différentes significations. «C’est pourquoi les appellations régionales aident vraiment les consommateurs à s’y retrouver lors de l’achat», indique Guillaume Willette. Mais comment définir les appellations régionales? Le terme «Appellation Régionale» désigne tout d’abord la Bourgogne dans son ensemble (AOC Bourgogne) et donc les vins qui doivent impérativement venir de cette région et respecter les règles de production. Ils peuvent être issus d’une appellation régionale précise ou être assemblés avec des vins de plusieurs régions. 

L’appellation régionale peut aussi être accompagnée d’un terme précisant le cépage ou la méthode de production: le Bourgogne Aligoté est élevé à partir de ce cépage en question, tandis que l’appellation Coteaux Bourguignons correspond à des vins provenant de différents cépages. Le Crémant de Bourgogne désigne les vins effervescents de la région et une précision géographique (Dénomination Géographique Complémentaire ou DGC) est ajoutée pour les vins originaires d’une zone précise de Bourgogne. Il peut ainsi s’agir d’une commune particulière, qui ne bénéficie pas (encore) du statut d’AOC, d’une sous-région ou d’une entité de plus grande envergure. Dans certains cas, l’AOC-DGC sert de marche-pied pour accéder à une dénomination spécifique. Le Vézelay (anciennement Bourgogne Vézelay), par exemple, est une véritable appellation village depuis octobre 2017. On peut aussi citer l’AOC Bourgogne Côte d’Or qui est attribuée depuis 2017 aux vins de la Côte de Beaune et des Côtes de Nuits et d’une quarantaine de communes réparties entre Dijon et Maranges. 

Il s’agit la plupart du temps de vins issus de vignobles qui ne bénéficient (ou ne souhaitent bénéficier) ni de l’AOC, d’une appellation communale précise (Beaune par exemple) ni d’une AOC de niveau supérieur réunissant plusieurs communes, comme Côte de Beaune Villages ou Côte de Nuits Villages. Pourtant «on ne peut pas créer des appellations sur un claquement de doigts», précise Guillaume Willette. «La création de l’AOC Bourgogne Côte d’Or a nécessité une vingtaine années d’âpres discussions.» 
«Les appellations régionales sont une véritable chance, surtout pour les vignerons indépendants et les coopératives de la région», ajoute Guy Sarrazin. «Elles permettent une identification forte et donc une valorisation des produits. Un Bourgogne Côte Chalonnaise se caractérise par son fruité. Un Bourgogne Côte d’Or est, en général, davantage marqué par le terroir. A l’heure actuelle, le commerce s’investit un peu moins dans ces régions que les propriétaires de vignobles: mais toutes les grandes maisons de négoce proposent désormais des vins d’appellations régionales avec dénomination géographique.» 

Informations clés

La moitié des 28 000 hectares de vigne de la région se situent dans les 14 appellations régionales avec dénomination géographique et les six AOC régionales sans dénomination. La Bourgogne ayant presque atteint ses limites de production, l’intérêt pour ces appellations est voué à se renforcer. Les personnes qui s’intéressent aujourd’hui aux Bourgogne régionaux contribuent à leur développement, ce qui améliorera encore leur qualité.

AOC régionales avec dénomination géographique

La Bourgogne compte 14 régions avec dénomination géographique (AOC-DGC). Voici les plus connues: 
Bourgogne Hautes Côtes de Nuits | Bourgogne Hautes Côtes de Beaune | Bourgogne Côte d’Or | Bourgogne Côte Chalonnaise | Bourgogne Côtes d’Auxerre | Bourgogne Côtes du Couchois | Bourgogne Chitry | Bourgogne Coulanges-la-Vineuse | Bourgogne Épineuil | Bourgogne Tonnerre

La dégustation

La dégustation a été préparée par l’organisation faîtière régionale et organisée sur place par son représentant Hervé Bianchi. Les vins ont été passés au crible par Barbara Schroeder et Rolf Bichsel.

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