Guide Piémont

Très beaux Nebbiolo

Dégustation et texte: Christian Eder, Photos: Siffert / weinweltfoto.ch, VINUM

La qualité d’un millésime de Nebbiolo se décide en septembre: un beau mois peut le sauver, tandis qu’un automne pluvieux peut ruiner le meilleur été. Les producteurs de Barolo, de Barbaresco et de Roero se sont frotté les mains en 2015 et 2016: des cycles de végétation quasi parfaits et un magnifique mois de septembre ont permis des récoltes d’excellente qualité et l’élaboration de vins splendides.

Le Nebbiolo est un cépage très sensible au terroir: le caractère d’un Barolo, d’un Barbaresco ou d’un Roero – les trois grands vins monocépage issus de Nebbiolo – dépend beaucoup de l’origine de ses raisins. Ils déterminent aussi les particularités organoleptiques des vins. Prenons l’exemple du Barolo. Le roi incontesté du Piémont peut être produit dans onze communes des Langhe: les collines entourant la ville de Barolo offrent les vins les plus tendus, tandis que les communes de Castiglione et de Monforte produisent les crus les plus corsés et celle de La Morra les plus opulents. La variété de sols qui composent les quatre communes de Barbaresco et les 19 communes de Roero contribuent à la diversité du Nebbiolo. Les producteurs en ont conscience depuis longtemps, ce qui les a amenés à créer les appellations géographiques complémentaires MGA (Menzioni Geografiche Aggiuntive) en 2007 pour le Barbaresco et en 2009 pour le Barolo. 181 sont attribuées au Barolo, 66 à la DOCG Barbaresco. Elles comprennent de grands terroirs, comme Bussia, mais aussi de petites parcelles, aux mains d’un seul producteur. Mais attention: les MGA ne sont pas des Crus ni des Grands Crus, comme en Bourgogne, mais des appellations locales qui permettent de délimiter des terroirs aux propriétés particulières. Elles peuvent s’accompagner du nom du vignoble (Vigna). Le concept traditionnel qui reste encore majoritaire, consiste, en revanche, à assembler un Barolo ou un Barbaresco à partir de différents vignobles et à n’inscrire sur l’étiquette que l’appellation Barolo ou Barbaresco (parfois avec le nom de la commune). Les années difficiles, cette pratique présente l’avantage de pouvoir associer les meilleurs raisins de chaque parcelle afin de composer un Barolo qui conserve la complexité et l’élégance qui font la réputation de ce grand cépage du nord de l’Italie.

Le millésime 2015

L’hiver 2014/15 a enregistré d’importantes précipitations et chutes de neige, offrant l’élan nécessaire à la vigne au cours des mois printaniers chauds. Après des pluies en mai, la météo est restée au beau fixe jusqu’en août. Ces réserves d’eau ont ainsi permis un bon développement végétatif. Les vendanges ont commencé un peu plus tôt qu’à l’accoutumée, les raisins de Nebbiolo étaient sains et parfaitement mûrs et présentaient une excellente structure tannique, gage d’un bon potentiel de garde.

Le millésime 2016

La qualité de 2016 est juste en dessous du niveau de 2015, ou juste au-dessus cela dépend des vignerons. Le cycle de végétation s’est déroulé sans heurts (à l’exception de quelques zones touchées par la grêle). Les conditions météo automnales ont contribué à faire de cette année un grand millésime: les vignerons ont pu patienter jusque fin octobre avant de récolter le raisin destiné au Nebbiolo, les précipitations estivales ayant apporté toute l’humidité nécessaire au développement du raisin. 

Résultats, analyses, avis


«Le vigneron veille à l’équilibre agronomique et ne cherche pas le rendement à tout prix.»

Christian Eder correspondant de VINUM


 

Complexité et structure d’un côté, tanins raffinés et finesse de l’autre: des qualités que l’on retrouvera dans une majorité de Nebbioli de 2015 et 2016 dès leur jeunesse. Aux yeux de nombreux vignerons de Barolo, 2015 est un excellent millésime: structure, tanins denses et raffinement assurent la complexité des vins, surtout à Serralunga, mais aussi dans certaines parties de Monforte ou de La Morra. Le Barbaresco, commercialisé un an avant son grand frère, atteste de la qualité du millésime 2016 dans les rayons des vinothèques. Il se veut presque plus harmonieux que le 2015 et allie raffinement, noblesse et tanins persistants. Les Riservas sont aussi de plus en plus intéressantes. Nous avons dégusté le millésime 2015 de Roero, des Barbaresco de 2014 et des Barolo de 2013. En effet, les vignerons produisent des vins qui se boivent plus jeunes qu’il y a vingt ou trente ans. Il fallait jadis attendre plusieurs années, voire plusieurs décennies, avant de pouvoir ouvrir un grand Barolo. Le changement climatique a eu des répercussions sur le cycle de végétation: les rendements sont strictement limités, le vigneron veille à l’équilibre agronomique et ne cherche pas le rendement à tout prix. En cave, la technique moderne et un élevage soigneux confèrent davantage de raffinement et de précision aux vins. Ceux-ci à l’exception de quelques bombes alcoolisées, se révèlent élancés et pleins de finesse avec une structure savamment dosée, même les années chaudes comme 2015. Ce qui permet aux vignerons des Langhee et du Roero de produire de grands vins qui comptent sans aucun doute parmi l’élite mondiale.

La dégustation

Christian Eder a participé à la dégustation du millésime Nebbiolo Prima organisée en janvier 2019 à Alba (Piémont). Les vins des quelques vignerons, qui n’étaient pas représentés lors de la Nebbiolo Prima, ont été dégustés en mars à la rédaction.

Top 3 de cette dégustation:

RangBeschreibung
3
18,5/ 20
Punkte
Piemont – Le Langhe, Piemont, Italien
E. Pira & Figli
2
19,0/ 20
Punkte
Piemont – Le Langhe, Piemont, Italien
Mauro Veglio
1
19,0/ 20
Punkte
Piemont – Le Langhe, Piemont, Italien
Elio Grasso

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