Guide Nouveautés 2018

Le bal des débutants

Texte: France Massy, Photo: Siffert / weinweltfoto.ch

Chaque année, des vins inédits font leur apparition sur le marché suisse. Cépages rares ou interspécifiques, assemblage inédit ou méthode de vinification originale: les producteurs romands nous ont envoyé plus de 80 flacons pour cette dégustation d’automne. 

L’épisode de gel d’avril 2017 a contraint les vignerons à faire preuve de solidarité, d’imagination et d’innovation. Nombre de vins de pays ont été créés cette année, mariant les crus de différentes régions de Suisse romande. Les producteurs ont su ainsi renverser le sombre bilan du gel, et les conditions météorologiques qui ont suivi ont assuré une qualité exceptionnelle aux raisins qui ont survécu. Qualité favorisée par une faible pression des maladies, un climat chaud et sec en phase de maturation du raisin et des vendanges précoces avec des teneurs en sucre naturelles supérieures à la moyenne. Autant de paramètres qui expliquent la bonne tenue générale des cuvées dégustées.
Face à la baisse de la consommation de vin, les producteurs redoublent d’imagination pour séduire les clients. Cette soif de nouveautés se reflète dans cette dégustation et tant pis pour ceux qui déplorent le nombre pléthorique de cuvées de nombre d’exploitations. Cependant les vignerons romands restent pragmatiques. Pas de vin bleu qui a fait le buzz cet été chez nos voisins européens (un blanc passé dans de la pulpe de raisins rouges et qui se teinte à l’aide des anthocyanes qu’elle contient), pas de mélandes douteux, mais quelques vins plus flatteurs qui visent clairement un public de néophytes. Au programme: plusieurs cépages  améliorateurs ou interspécifiques fort appréciés du jury (notamment le Galotta et le Divico), un vin muté qui remporte la palme de cette dégustation, des assemblages inédits, de nombreux Chasselas, un goût marqué pour la vinification en amphores et quelques vins bios ou natures produits par de jeunes vignerons et vigneronnes désireux d’offrir à une clientèle de plus en plus intéressée à trouver dans son verre un breuvage répondant à une philosophie. 
Quelques raretés ont aussi fait leur apparition. Ainsi ce Careize de la cave Orcyre à Ayent. Une jolie découverte issue d’un très ancien cépage aujourd’hui disparu, venu du fond de l’Italie certainement au cours du 19e siècle. « Les gens d’ici l’ont baptisé Rèze rouge. Moi je l’ai renommé Careize », explique Jean-Paul Aymon qui a retrouvé deux ceps à Ayent et a reconstitué une parcelle de 1000 m2. Ou encore, ce Chambourcin de la cave Gregor Kuonen à Salquenen. Croisement entre le Seyve Villard 12-417 et le Chancellor, il est principalement cultivé dans la Vallée du Rhône et au Tessin.
La reconquête des consommateurs passe aussi par la mise sur le marché de nouveaux modes de conditionnement. L’innovation dans ce domaine trouve son expression dans les formes et les couleurs des bouteilles. On fait fi des traditionnels flacons. Adieu la bordelaise, bourguignonne et autre flûte. Plusieurs maisons ont opté pour des contenants évoquant des bouteilles de whisky, la dimension esthétique et branchée faisant partie des critères de choix d’une clientèle plus jeune.

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